*

*  *



Spontanément, l'homme a toujours opposé le Mal au Bien, le Divin au Malin. La pensée religieuse ou morale définit le bien dont l'inverse prend forme de mal. Mais le bien est-il innocent? Le mal a-t-il une signification? Si le bien est innocence originelle, pourquoi le mal? Comment a-t-il pu prendre place?

Une réponse à ces questions communes conduirait inévitablement à une réponse idéologique. Plus grave, à une réponse qui se retourne contre le bien recherché.

C'est pourquoi, la Bible répond par le mythe, indiquant par là que le mal est impensable dans sa totalité.

Au travers de quelques textes exemplaires, nous essayerons de comprendre ce que la tradition biblique veut nous dire.

Dans la Genèse, les symboles des chapitres 2 et 3 mettent en place les différents acteurs qui ouvrent la réflexion en cette matière et posent déjà avec une grande précision leurs interactions et leur soustraction du champ moral.

La reprise de ce thème nous a semblé particulièrement opportune dans le récit de la guérison du possédé de Gérasa. L'intérêt de ce texte est de situer notre problème dans un contexte élargi à l'environnement social. La Genèse pose avant tout la question de l'homme devant Dieu, Gérasa reprend l'analyse et l'étend à la perspective de l'homme parmi les hommes. De plus, nous y voyons Jésus à l'œuvre, dans l'exercice de son ministère libérateur.

Dans le monde contemporain, comment les éléments qui nous sont proposés par les Ecritures prennent-ils place?    Que signifie la possession démoniaque dans un monde incrédule qui l'exprime par le terme d'aliénation? Quelles sont les correspondances qui peuvent être établies?

Ensuite, nous prolongerons notre parcours avec l'analyse du fonctionnement du couple Loi-Péché pour, avec Paul, opérer une sorte de révolution copernicienne où la justice est pensée à partir du pardon de Dieu et non face à la condamnation par la loi.


Une liberté nouvelle est alors accordée au chrétien qui modifie la nature même de son engagement parmi les hommes, en ce sens qu'il n'agit plus à partir d'une loi quelle qu'elle soit, mais en réponse à l'amour divin dont il vit. Cette liberté l'autorise à prendre place dans la Cité, mais sans parti pris.




<-- Page Précédente Page Suivante -->